Ce n’est ni un ballet, ni une musique de scène, ni une pièce de théâtre, mais un peu tout cela à la fois. Stravinsky, en exil suisse, la compose en 1918 sur un livret de Ramuz. Voilà l’histoire à la Faust d’un pauvre violoneux qui s’en revenait de la guerre et voulait se faire moins misérable. Or on le sait : le diable est partout. Il est dans les détails et dans l’intervalle. Un diable ambigu, changeant, trouble. Un diable séducteur et repoussant, maître et instrument.
Sous les dehors bancroches d’un texte faussement innocent et d’une musique faussement populaire, celle des campagnes d’autrefois et du jazz naissant des villes, Stravinsky met en place « une espèce de petit théâtre ambulant ». On peut oublier la naïveté des mots parfois : le metteur en scène Jean-Christophe Saïs – on se souvient de ses Quatre Jumelles avec TM+ en 2009 – ose la distance et la différence. C’est dans la musique que se tiennent les secrets de l’Histoire du soldat. Une histoire d’âme qui se joue avec un violon et à la fin, c’est le diable qui gagne…
Plus d’infos: http://opera.metzmetropole.fr
Coproduction TM+, Opéra de Reims,Maison de la Musique de Nanterre
