Histoire du Soldat
Lue, jouée et dansée, en deux parties
Texte de Charles Ferdinand Ramus, musique d’Igor Stravinsky
Créée au Théâtre municipal de Lausanne, le 28 septembre 1918
Nicolas Fargeix : clarinette -Yannick Mariller : basson – André Feydy : trompette – Olivier Devaure : trombone – Claire Talibart : percussion – Noëmi Schindler : violon – Etienne Durantel : contrebasse
Création du spectacle à l’Opéra de Reims le 13 janvier 2011
Tournée 2011 : 14 et 15 janvier 2011 à l’Opéra de Reims, 19 et 20 janvier à la Maison de la musique de Nanterre, 16 mars à la Faïencerie à Creil, 29 et 31 et mars à l’Onde à Vélizy et 31 mai au Nouveau Relax à Chaumont.
Tournée 2012 : voir la saison 2011-2012
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Bruno Serrou, Anaclase.com
Composé en 1917 pour trois acteurs et sept instruments (…), sur une texte de l’écrivain suisse Charles Ferdinand Ramus, Histoire du soldat est l’une des pages les plus populaires d’Igor Stravinsky. (…)
Cette histoire d’humble soldat violoneux qui vend son âme au diable avec pour enjeu son instrument met naturellement en relation directee musiciens et comédiens. Il suffit d’ajouter quelques figurants et une ballerine pour en tirer une pièce de théâtre musical, ce qu’a fait avec sensibilité Jean-Christophe Saïs en demandant aux instrumentistes et au chef de participer à l’action, ceux-ci se mouvant, dialoguant, allant jusqu’à jouer la comédie, plus particulièrement le chef, Laurent Cuniot, véritable diabolus ex machina du spectacle, avec ses cheveux blanc hirsutes qui lui vont comme un gant.
Outre cette remarquable performance (…), il convient aussi de saluer celle de l’ensemble TM+, dont les membres ont joué par coeur pendant la première moitié de la soirée une partition extrêmement virtuose pour chacun, de Noëmi Schindler au violon jusqu’à Claire Talibart à la percussion, en passant par Laurène Durantel (contrebasse), Nicolas Fargeix (clarinette), Yannick Mariller (basson), André Feydy (trompette) et Olivier Devaure (trombone).
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Alain Cochard, Concertclassic.com
Si vous ne l’avez pas encore vu, ne ratez sous aucun prétexte l’Histoire du Soldat (…). Mise en scène par Jean-Christophe Saïs, cette production est née à l’initiative de l’Arcal.
Le Diable est plus que jamais aux manettes dans l’Histoire du Soldat selon JC. Saïs : le metteur en scène a en effet eu l’excellente idée de confier le rôle du Malin au chef d’orchestre. Reste qu’il fallait un musicien-comédien capable de l’assumer… Patron de l’excellent Ensemble TM+, Laurent Cuniot est l’homme de la situation et – avec un impayable look façon Docteur Folamour - témoigne d’une maîtrise et d’une présence pour le moins étonnantes dans ce double emploi. De plus, les membres de TM+ jouent impeccablement le jeu de théâtralisation des instruments pour laquelle opte le metteur en scène.
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Pierre Gervasoni, Le Monde
La nouvelle production de l’Arcal évite les écueils de la discontinuité propre à cette Histoire du soldat, qualifiée jadis de « mimodrame » par ses auteurs. Le séduisant spectacle, créé à l’Opéra de Reims, du 13 au 15 janvier, avant de partir en tournée, associe intimement musique et théâtre dans une action scénique qui ne connaît aucun temps mort.
Les sept instrumentistes évoluent sur le plateau pour jouer leur partition en costumes et, baladins muets, font partie intégrante de la troupe des acteurs. Leur chef, Laurent Cuniot, se trouve parmi eux, non seulement pour les diriger mais aussi pour incarner le personnage du diable. L’idée est excellente. Elle permet à Jean-Christophe Saïs de transcender les différentes composantes de l’œuvre dans une mise en scène où tout est lié avec un rare naturel.
(…). Avec ses cheveux en pétard, son sourire retors, ses verres teités et sa canne à pommeau, Laurent Cuniot évoque le Docteur Folamour interprété par Peter Sellers dans le film de Stanley Kubrick. Sa prestation en diabolus ex machina est épatante, tout comme celle des membres de l’ensemble TM+, précis et raffinés.
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Michèle Tosi, Resmusica
Jean-Christophe Saïs s’attelle ici à l’un des plus purs chefs-d’oeuvre de Stravinsky et nous offre un spectacle foisonnant d’idées – de véritables « tableaux vivants » empruntant à la machinerie baroque, au cirque, à la danse… Intégrés à la mise en scène dont ils sont les protagonistes, les musiciens jouent le plus souvent par cœur, apparaissant ou se retirant selon le rythme des interventions sonores, jusqu’à l’arrivée du Diable – Laurent Cuniot en perruque platine – campant ici un personnage plutôt séducteur dans le maintien de la voix (…) mais non moins trouble et manipulateur.
La palme revient enfin aux sept musiciens – mention spéciale à Noëmi Schindler pour la tonicité et l’engagement de son jeu – qui viennent relancer de manière éblouissante chaque étape de la narration par l’expressivité des timbres et l’acuité des rythmes. Si le Grand Choral redoutable de la dernière scène est un rien fébrile, le solo de caisses en guise de ponctuation – retentissante Claire Talibart – par la radicalité de ses options nous laisse sans voix.
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