L’édito de la saison

Chanson de geste

Une saison musicale de TM+ a quelque chose d’une épopée, avec ses héros, ses paysages traversés, ses émotions contrastées.

Un des sommets de ces aventures musicales sera sans conteste la confrontation entre deux œuvres monumentales de l’histoire de la musique qui requièrent pourtant peu de musiciens : la sonate en si mineur pour piano de Franz Liszt (1853) et Vortex Temporum de Gérard Grisey (1996). A distance de plus d’un siècle, ces deux créateurs explorent la grande forme avec une invention rare et une virtuosité démoniaque. Leur rapprochement totalement inédit dans un programme de concert promet une soirée exceptionnelle.

Comme la musique d’aujourd’hui ne prend pas ses racines qu’en elle-même, nos voyages épiques nous mèneront une fois de plus à travers les différentes périodes de l’Histoire, de Bach à Höller, de Berlioz à Ligeti…Rapprochements dans le temps mais aussi géographiques, aux confins des musiques contemporaines et traditionnelles avec le prestigieux ensemble de percussions mexicain Tambuco. Associé à TM+, il explorera les liens intimes que le compositeur mexicain Javier Alvarez et le compositeur français d’origine grecque Alexandros Markeas entretiennent avec les musiques populaires de leur pays.

Notre nouvelle et belle escale à l’Ircam sera marquée par le retour de Gilbert Amy dans l’univers des nouvelles technologies – qu’il n’avait pas fréquenté depuis sa remarquable « Saison en enfer » composée en 1980, et par la création de la dernière œuvre de Florence Baschet sur un récit poignant de l’écrivaine iranienne Chahdortt Djavann.

Au détour de ce parcours quelques rencontres peu recommandables. Déjà présent dans la virtuosité « lisztienne », le diable en personne sera de retour à l’Opéra de Metz et au théâtre de l’Athénée dans la très belle production de l’Histoire du soldat de Stravinsky et Ramuz, mise en scène par Jean-Christophe Saïs. Plus paisibles, les programmes proposés par les musiciens de l’ensemble dans le cadre idyllique des jardins Albert Kahn, ou au Domaine de Sceaux, hanté pour un soir par le « Spectre de la rose ».

Enfin, en silence mais avec efficacité, le compositeur Jonathan Pontier et les activistes de Puce-Muse armés de leur meta-mallette, iront pendant plusieurs mois à la rencontre de nombreux musiciens amateurs, élèves du conservatoire, collégiens, étudiants de la ville de Nanterre, pour les rallier à leur cause et fomenter avec la complicité de TM+ quelque attentat sonore à l’horizon 2013. Mais ceci est une autre histoire…

Laurent Cuniot

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