Fractales métronomiques, Un portrait de György Ligeti
DISTRIBUTION
TM+
Julien Leroy, direction
Justine Emard, plasticienne
Anne Cécile Cuniot, flûte
Louis Luciat, hautbois, hautbois d’amour, cor anglais
Bogdan Sydorenko, Mathieu Steffanus, clarinettes
Eric Du Fayen, cor
NN, trombone
Ninon Hannecart-Segal, clavecin, orgue electrique
Géraldine Dutroncy, piano, célesta
Noëmi Schindler, Maud Lovett, violons
Marc Desmons, alto
Florian Lauridon, violoncelle
NN, contrebasse
Marie Delebarre, régie générale
PROGRAMME
György Ligeti (1923–2006), Kammerkonzert (1969–1970) pour treize instrumentistes
György Ligeti (1923–2006), œuvres de musique de chambre
NOTE D’INTENTION
La rencontre entre l’ensemble TM+ et l’artiste Justine Emard n’est pas un projet de circonstance. Elle prolonge une complicité artistique déjà éprouvée — de Diffractions à Lithophonic — et procède d’une conviction partagée : que la musique contemporaine et les arts visuels, lorsqu’ils s’engagent dans un dialogue véritable, peuvent renouveler en profondeur l’expérience du spectateur.
Ce projet constitue le cadre naturel de cette ambition. Le travail de Justine Emard, dont les œuvres explorent depuis plus de dix ans les relations entre intelligence artificielle, neurosciences et vie organique, entre en résonance avec la démarche de TM+, dont le slogan — « L’œil écoute, l’ouïe regarde » — pourrait à lui seul résumer l’esprit de cette rencontre. Ici, les formes se répondent, se répliquent et se transforment, comme des motifs en expansion, à la manière de fractales métronomiques où le temps devient matière vivante.
Ce voyage sonore à travers la figure de György Ligeti nous invite à explorer le temps non comme une mesure fixe, mais comme une sensation : une ligne de vie ininterrompue reliant chaque pièce du concert.
Au cœur du concert, le Kammerkonzert, œuvre centrale dans l’approche temporelle de Ligeti. Treize virtuoses, traités en solistes égaux, s’engagent dans un labyrinthe de micropolyphonie où les lignes mélodiques se condensent en nuages de sons. Le temps y oscille entre des polyphonies lisses et alanguies et de formidables mécaniques rapides, infernales et détraquées. L’abandon progressif de la pulsation y croise un travail sur la microtonalité, ouvrant l’oreille à des zones d’entre-deux où le son vibre dans un espace inouï.
Autour de cette œuvre centrale gravitent des pièces de musique de chambre emblématiques, telles des ramifications d’un même corps. Du Continuum pour clavecin aux Études pour piano, en passant par des œuvres à géométrie variable, ces pièces satellites dessinent une ligne d’écoute continue, où chacune explore une face différente du paradoxe ligétien. Le temps, à force d’être compressé, étiré, fragmenté, finit par se suspendre dans l’esprit de l’auditeur.
Enfin, le Poème symphonique pour 100 métronomes continue d’interroger : œuvre, installation ou rituel ? « Ce temps » invite le public à être à la fois témoin et acteur d’une confusion maîtrisée, où cent mécanismes autonomes composent un paysage sonore dont rien n’est déterminé à l’avance — une prolifération rythmique proche d’une fractale en mouvement.
L’œuvre scénographique qui intervient sur scène découle alors du concept de mathématique-fiction. À l’heure des agents artificiels, le code se retrouve boosté par l’intelligence artificielle ; une accélération numérique se forme et se transforme, jusqu’à transformer notre perception. Oscillant entre objets et écrans, dispositifs numériques et installations, l’ensemble se déploie dans l’ensemble de l’espace.
Une invitation faite au public d’investir les différents espaces de la Maison de la Musique autrement. Jouer avec l’architecture singulière du lieu et s’inscrire dans une expérience musicale, spatiale et sensible.
Justine EMARD – Julien LEROY
TM+
Maison de la musique de Nanterre – scène conventionnée d’intérêt national – art et création – pour la musique
Centre des arts d’Enghien-les-Bains – scène conventionnée d’intérêt national – « Art et création »